Le concept de travail productif : Note méthodologique

 

Ruy Mauro Marini

 

 Dès la naissance de l’économie politique, le concept de travail productif s’est constitué de manière polémique. Après la formulation initiale de la théorie de la valeur-travail qui, par ses épigones Boisguillebert et Adam Smith, enterra la thèse des physiocrates selon laquelle seulement la terre et ceux qui la travaillent créent de la valeur (faisant de l’industrie et du commerce des activités improductives), il revint à Marx de lui donner sa forme définitive. Celle-ci a néanmoins induit beaucoup d’erreurs, qui se réduisent en dernière instance à identifier travail productif et création matérielle de valeur et, donc, de survaleur. C’est ainsi que la classe ouvrière s’est convertie en synonyme de prolétariat industriel (ce qui, au sens large, n’exclut évidemment pas les ouvriers agricoles).

Cela est dû, en partie, à la confusion entre le niveau théorique du chapitre inédit du Capital et celui du Capital même. Il s’agit sans doute d’une erreur puisque ce fut le propre Marx et non quelqu’un autre qui écarta son intégration à l’œuvre, pour reprendre uniquement dans le Capital une partie de ce qui est traité dans ce chapitre, ce qui lui donne le statut de simple brouillon. Cela est également dû à une incompréhension de l’œuvre de Marx, résultat d’une lecture partielle de celle-ci, qui amène à ignorer les enrichissements successifs dont fut l’objet le concept de travail, conformément au plan d’exposition que Marx se traça.

Les dédoublements d’un concept

Cependant, la définition avancée par Marx dans le Livre I, chapitre XIV, que « [dans le capitalisme] seul est productif le travailleur qui produit de la survaleur pour le capitaliste ou qui sert à la valorisation du capital » (I, p.570) (1) rend parfaitement compte de l’ensemble du problème et contient déjà, à l’état embryonnaire, les dédoublements dont il sera l’objet. Ceux-ci commencent à apparaître dans le Livre II, chapitre VI, lorsque Marx distingue travail productif et travail nécessaire ou socialement utile. Nous reviendrons ensuite sur ce point. Signalons pour le moment que l’application excluante du concept de classe ouvrière aux seuls producteurs immédiats de valeurs d’usage peut être questionnée.

En effet, dès le moment où il commence à étudier la subsomption réelle du travail au capital dans la section IV du Livre I, dédiée aux procédés d’extraction de la plus-value relative, Marx signale que la coopération simple, par laquelle un groupe d’ouvriers accompli une opération productive ou, si elle se divise en plusieurs opérations elle se décompose en différents groupes pour l’exécuter, révèle déjà le caractère social du travail ou la combinaison d’une série de journées individuelles du travail. A cette étape du développement capitaliste, « la force productive spécifique de la journée de travail combinée est force productive sociale du travail ou force productive de travail social » (I, p. 370), bien qu’elle apparaisse déjà comme force productive du capital.

Dans la manufacture, la situation commence à changer lorsque, suite à la division du procès productif en un ensemble d’opérations diverses de durée inégale et même la combinaison de différents procès productifs, des ouvriers de différents types sont réunis et sont établies des normes de proportionnalité dans la manière selon laquelle la masse collective de travail doit être distribuée. Dès lors « le groupe pris isolément, c’est-à-dire un nombre donné de travailleurs qui exécutent la même fonction partielle, se compose d’éléments homogènes et constitue un organe particulier du mécanisme global » (I, p. 390) qui a recours même de manière ponctuelle à l’usage de machines. Mais « la machinerie spécifique de la période manufacturière demeure le travailleur global (2) lui-même, constitué par la combinaison d’un grand nombre de travailleurs partiels » (I, p. 392). Ainsi est promue la distinction en matière de qualification (et donc d’éducation) au sein du travailleur global, qui génère des travailleurs qualifiés et non qualifiés, dont le résultat dans les deux cas est la baisse de la valeur de la force de travail, mais de manière inégale (I, p. 393-4). Le procès se complète avec l’avènement de l’industrie manufacturière, lorsque la division du travail dans l’usine devient purement technique :

            … Le groupe articulé de la manufacture est remplacé par le lien qui unit l’ouvrier principal et quelques auxiliaires. La séparation essentielle s’effectue entre les ouvriers qui sont vraiment employés aux machines-outils (s’y ajoutent quelques ouvriers pour la surveillance ou l’alimentation de la machine motrice) et les simples manoeuvres (presque exclusivement des enfants) qui assistent ces ouvriers employés aux machines. Comptent plus ou moins parmi les manœuvres tous les “feeders” (qui fournissent simplement aux machines le matériau de travail). A côté de ces classes principales prend place un personnel numériquement insignifiant, chargé du contrôle de l’ensemble de la machinerie et de sa réparation constante, ingénieurs, mécaniciens, menuisiers, etc. C’est une classe supérieure d’ouvriers, ayant les uns une formation scientifique, les autres une formation artisanale, et ils se situent hors du cercle des ouvriers de fabrique auxquels ils ne sont qu’agrégés… (I, p. 471-2).

Comme nous le voyons, le travailleur global comprend différents types de travailleurs et s’organise en strates différenciées, dont certaines ont des membres qui se situent “hors du cercle” des producteurs directs de valeur. Cependant, impliqués comme les autres dans la sphère productive, ils font partie intégrante du travailleur global. Ainsi, la façon dont se présentait ce travailleur global au milieu du XIXème siècle s’est modifiée : aujourd’hui les manoeuvres ne sont plus principalement des enfants, le personnel de niveau supérieur n’est plus numériquement insignifiant en plus de s’être considérablement diversifié. C’est ainsi que sur la base d’entretiens avec des employés et dirigeants de IBM, Reich estime qu’au moins 20 000 des 400 000 fonctionnaires sont classifiés comme des ouvriers de production employés dans l’usine traditionnelle ; l’immense majorité de son personnel se dédie à d’autres activités, comme la recherche, le design, l’ingénierie, la vente et la prestation de services [1].

Voilà en ce qui concerne la production. Mais la reproduction du capital ne s’épuise pas en elle, elle comprend la circulation et la distribution, dont les activités correspondent en général au travail improductif puisqu’elles n’affectent pas la valeur créée et qu’elles ne créent pas directement de survaleur (sauf exceptions, comme nous le verrons). La loi générale, ici, est que « tous les frais de circulation qui résultent uniquement du changement de forme de la marchandise n’ajoutent pas de valeur à cette dernière » (II, p. 131).

Néanmoins, en considérant le travailleur de la circulation qui s’occupe principalement de la vente (comme la comptabilité, l’emballage, la classification, etc.), Marx signale que son salaire est déboursé du capital variable du capitaliste qui opère dans cette sphère, fournissant au capitaliste en question un profit positif et contribuant ainsi à valoriser davantage le capital. Ainsi, du point de vue de la définition donnée dans le Livre I, nous sommes face à un travailleur productif, puisqu’il valorise le capital, peu importe la forme dans laquelle celui-ci se présente[2].

Les frais de circulation dûs au stockage de marchandises constituent une variante : ils ne se réfèrent pas à un changement de forme mais à la conservation de la valeur ou, ce qui est pareil, de sa valeur d’usage sans laquelle n’existerait pas la valeur. Bien que cela représente un arrêt de la circulation, le stockage est paradoxalement condition de celle-ci puisqu’il « assure la régularité et la continuité du procès de circulation, et par suite du procès de reproduction »… (II, p.129)[3]. Signalons que le stockage comprend autant les biens destinés à la consommation que ceux qui se réfèrent au capital constant fixe et circulant, et que le développement du marché mondial et des moyens de transport ont une incidence sur ses changements de forme. Comme n’importe quelle activité économique, il implique des investissements additionnels en capital constant et variable qui, bien qu’ils représentent des déductions de la valeur sociale totale ainsi que des frais de circulation, ils s’agrègent à la valeur des marchandises, ils « entrent dans une certaine mesure dans la valeur des marchandises, et par conséquent renchérissent la marchandise » (II, p. 122). Ces frais comportent ceux destinés au paiement de la force de travail employée dans cette activité et, dans la même lignée que le raisonnement précédent, ils collaborent à rendre le capital rentable. L’unique situation dans laquelle ce qui apparaît comme des frais de circulation ajoute de la valeur à la marchandise est celle du transport, pour la simple raison que « la valeur d’usage des objets ne se réalise que lors de leur consommation, et celle-ci peut rendre nécessaire leur déplacement, donc le procès productif additionnel qui est celui de l’industrie des transports » (II, p. 131). Dans ce cas, un ajout de valeur est réalisé qui, comme le souligne Marx, se décompose nécessairement entre réévaluation des salaires et création de plus-value. Le transport représente ainsi une activité productive encastrée dans la circulation et celui qui réalise cette activité est un travailleur productif au même titre que celui qui est l’objet d’étude du Livre I à savoir le producteur de la valeur d’usage dans le cadre d’un système de production général de marchandises.

La question du travail productif, bien que clairement établie depuis le Livre I, comme nous l’avons montré, ne sera complètement résolue que dans le chapitre XVII du Livre III, avec l’étude des ouvriers salariés marchands. La pierre de touche est ici la distinction entre capital social et capital individuel. Après avoir établi que sa situation ne se distingue pas de celle qui régit l’ensemble de la classe ouvrière[4], Marx se dédie à expliquer comment les salariés commerciaux « produisent directement du profit pour leur employeur, bien qu’ils ne produisent pas directement de la plus-value (dont le profit n’est qu’une forme modifiée) » (III, p. 282). Et l’explication ne pourrait pas être plus simple : « Tout comme le travail non payé de l’ouvrier créer directement de la plus-value, pour le capital productif, le travail non payé du salarié commercial procure au capital marchand une participation à cette plus-value » (III, p. 283). La même chose vaut pour les autres ouvriers de la circulation, indispensables pour que la plus-value ait lieu (banque, publicité, etc.). Néanmoins, restent exclus les travailleurs salariés dont la rémunération correspond simplement aux frais de la plus-value, comme l’employé domestique, le bureaucrate, les membres de l’appareil répressif de l’Etat, bien que nécessaires au capital et au régime politique qui lui correspond.

Travail et classe ouvrière

A partir de ce que nous avons exposé, nous pouvons soutenir que restreindre la classe ouvrière aux travailleurs salariés qui produisent la richesse matérielle, c’est-à-dire, la valeur d’usage sur laquelle repose le concept de valeur, correspond à perdre de vue le procès global de la reproduction capitaliste. Comme le souligne à maintes reprises Marx, le développement de la production marchande capitaliste ne fait qu’accroître le nombre de travailleurs salariés et, donc, d’ouvriers impliqués dans le procès de reproduction, sans que cela induise, comme on l’a prétendu, que Marx conçoive une société formée exclusivement par des capitalistes et des ouvriers[5]. Du point de vue strictement économique, la tendance du système est celle d’augmenter, sans jamais réduire, la classe ouvrière c’est-à-dire cette catégorie sociale formée par des travailleurs payés par l’investissement de capital variable et dont la rémunération est toujours inférieure à la valeur du produit de son travail. Si, d’une part, dû à l’augmentation de la productivité du travail, la quantité de travailleurs liés directement à la production tend à se réduire, d’autre part, le nombre d’employés dans les sphères de la circulation et de la distribution augmente. Travail productif et improductif sont donc des concepts historiquement déterminés, se référant aux activités qui contribuent à valoriser et rendre le capital rentable. C’est seulement dans un régime d’organisation supérieur, basé sur des forces productives encore plus puissantes, qu’il sera possible de dépasser le concept capitaliste de travail en faveur de celui de travail nécessaire ou socialement utile, lorsqu’il tend à augmenter en progression géométrique la masse de ressources, incluant le travail, dédiées à répondre aux nécessités et besoins de l’homme dans son sens le plus large. Cela a déjà été annoncé dans les pays qui ont essayé ou sont en voie d’essayer des formes différentes d’organisation économique au travers du socialisme. Là se trouve, sous nous yeux, l’exemple de Cuba qui malgré ses problèmes économiques a eu un développement social (en matière d’éducation, de santé, de sécurité sociale) infiniment supérieur à beaucoup de pays capitalistes industriellement avancés.

            Il est vrai que la diversification des activités que le développement capitaliste a créé, surtout dans cette ère de formidable progrès technologique et de globalisation, des difficultés pour définir et quantifier la classe ouvrière. L’incidence de la connaissance sur le procès de production, par exemple, a mené à la constatation que à IBM en 1984, 80% du coût d’un ordinateur correspondait à son hardware soit à la machine même, et 20% au software, le système opérationnel et les logiciels d’application qu’il utilise ; mais, en 1990, cette proportion s’était inversée, faisant que seulement 10% du prix concerne le procès physique de production de l’appareil, c’est-à-dire, à la production matérielle[6]. Par conséquent, les activités qui y sont réalisées – sauf celles qui, une fois déterminées, correspondent à la catégorie de services– entraient dans le cadre du travail productif et, du point de vue strictement économique, nous insistons là dessus, entraient dans le cadre de la classe ouvrière.

Un premier pas pour, sans abandonner l’économie, élucider le problème posé sur ce qu’est la classe ouvrière consiste à avoir recours à l’origine du rôle que joue le travailleur salarié ; soit à savoir si ce rôle correspond à un dédoublement du procès de travail ou s’il correspond à un dédoublement de la fonction du capitaliste, que Marx résume comme : commandement et surveillance (p. 267)[7]. Il est évident que, s’il correspond au dernier cas, le travailleur salarié reste exclu de la classe ouvrière, même si son salaire, son éducation, ses coutumes et son environnement social le mènent à se confondre avec elle. Il suffit d’observer son comportement dans n’importe quel moment d’exacerbation de la lutte de classe –une grève par exemple – pour le vérifier.

Le pas suivant doit être fait nécessairement hors de l’économie. La provenance sociale, les mécanismes de mobilité auxquels ils sont soumis, l’éducation, l’ambiance familiale et de travail des individus modifient leur comportement et même façonnent leur vision du monde et la perception qu’ils ont d’eux-mêmes. Pour définir une classe sociale dans un moment historique donné, il ne suffit pas de considérer la position qu’occupent, objectivement, les hommes dans la reproduction matérielle de la société. Il est nécessaire, en plus, de considérer les facteurs sociaux et idéologiques qui déterminent sa conscience en lien avec le rôle qu’en elle ils croient avoir. Malgré les critiques qu’a souffert cette affirmation, c’est seulement en dernière instance que la base économique détermine la conscience. Et elle le fait par la dynamique sociale concrète, c’est-à-dire, au travers de la lutte de classes. Et à tel point que, dans des circonstances données, même des travailleurs qui par leur position dans la reproduction économique ne sont pas directement inclus dans la classe ouvrière ou qui se considèrent étrangers à elle, peuvent coïncider avec ses aspirations et s’assimiler au mouvement ouvrier[8].

Cela est dû au fait que, au-delà de la conscience qu’ils peuvent avoir de leur appartenance de classe, les ouvriers productifs ou improductifs, peu importe la modalité selon laquelle ils réalisent leur travail et le domaine dans lequel ils le font, de la même façon que d’autres classes ou fractions de classe soumises au capital, ont des intérêts communs, dont la perception établit la base possible d’un projet de vie solidaire. C’est la raison pour laquelle toutes les institutions et mécanismes du jeu politique qui caractérisent la société bourgeoise, comme ses différentes expressions idéologiques, visent à bloquer cette perception, à dissoudre l’unité latente entre les travailleurs avant que celle-ci ne prenne forme, à barrer la route à la compréhension des faits réels qui constituent l’essence de l’ordre capitaliste et de son développement.

Pour contrebalancer l’action désagrégeante que réalise le capital, il ne reste qu’à réfléchir à ces faits, chercher à discerner en quoi ils consistent et à quoi ils tendent. Avant d’abandonner le champ du marxisme, comme sont en train de le faire beaucoup par désinformation, perplexité ou intérêt, il faudrait d’abord épuiser les possibilités qu’il nous offre pour procéder à cette réflexion. De mon côté, je suis convaincu qu’il nous amènera à une redécouverte de la classe ouvrière et du rôle qui peut aujourd’hui être le sien dans la mission de penser et construire un monde meilleur.


[1] Cf. Reich, Robert B. The Work of Nations, N. York, Vintage Books, 1992, pp. 85-86.

[2] La conclusion de Marx va dans ce sens : « Pour le capital industriel, les frais de circulation semblent être et sont des frais. Pour le commerçant, ils apparaissent comme la source de son profit (ganancia)… Les dépenses à faire pour les frais de circulation sont donc, pour le capital commercial, un investissement productif. De même le travail commercial qu’il achète est pour ca capital directement productif ». Marx, Le Capital, op. cit., III, p. 289. La question posée en ces termes, le travail productif est celui qui permet au capital de produire ou de s’approprier la plus-value.

[3] Des auteurs moins avisés situent le système appelé just-in-time [3] pratiquement au niveau des grandes innovations technologiques contemporaines. De fait, bien qu’il dépende de celles-ci, il suppose une plus grande synchronisation et standardisation de la production, le just-in-time est simplement un mécanisme destiné à dépasser cette contradiction, dans la mesure où il réduit les stocks d’intrants rçus dans le procès de production, contribuant à réduire le temps de rotation, et donc, a baisser les coûts de circulation, facteurs qui influent décisivement sur le taux de profit. Son importance est déterminante pour la subordination des producteurs d’intrants aux grands industriels – ce qui, soit dit en passant, correspond à une forme déguisée de centralisation du capital, de la même façon que la tertiarisation de la production–.

[4] « … un travailleur du commerce ne diffère pas des autres salariés. D’abord, parce que son travail est acheté par le capital variable du commerçant et non par l’argent que celui-ci dépense comme revenu ; il n’est donc pas acheté pour un service privé, mais pour que le capital qui a été avancé pour son achat soit mis en valeur. Ensuite parce que la valeur de la force de travail de l’employé de commerce, donc son salaire, est déterminée comme pour tous les autres salariés, par les frais de production et de reproduction de sa force de travail spécifique et non pas par le produit de son travail ». (III, p. 282).

[5] Cette erreur dérive du fait qu’en construisant ses schémas de reproduction dans la troisième section du Livre II du Capital, Marx adopte cette prémisse, pour des raisons que nous avons analysé à dans un autre article. Cf mon essai “Plusvalía extraordinaria y accumulación de capital”, Cuadernos Políticos (México), n°20, avril-juin 1979, spécialement pp. 20-21. Et, en référence à l’œuvre Réforme sociale ou révolution ?, Grossman souligne « Déjà en 1899, Rosa Luxembourg constate dans sa polémique avec Bernstein que l’analyse de Marx “ne suppose pas … pour la réalisation de l’objectif socialiste … la disparition absolue du petit capital et … de la petite bourgeoisie, comme condition de réalisation du socialisme ». Grossmann, H., Ensayos sobre la teoría de las crisis. Dialéctica y metodología en « El Capital », México, Cuadernos de Pasado y Presente, n°79, 1979, p. 143.

[6] Reich, op. cit., pp. 83 ss.

[7] « Avec le développement de la coopération sur une plus grande échelle, ce despotisme développe ses formes caractéristiques. De la même façon que le capitaliste n’est délivré du travail manuel qu’une fois que son capital a atteint un seuil minimal à partir duquel seulement commence la production capitaliste proprement dite, de même, maintenant, il délègue cette fonction de surveillance immédiate et permanente de chaque travailleur, et même de certains groupes de travailleurs, à une espèce particulière de travailleurs salariés. De même qu’une armée a besoin de sa hiérarchie militaire, une masse de travailleurs oeuvrant ensemble sous le commandement du même capital a besoin d’officiers (dirigeants, managers) et de sous-officiers industriels (surveillants, foremen, overlookers, contre-maîtres) qui exercent le commandement au nom du capital pendant le procès de travail » (I, p. 374).

[8] L’adhésion des travailleurs intellectuels : professeurs, étudiants, professionnels, employés publics aux valeurs d’inspiration ouvrière, qui fut une marque distinctive des mouvements de 1968, est le résultat de la pratique de ces secteurs qui, dans leur mobilisation pour de meilleurs conditions de vie et de travail, ont commencé à adopter des formes d’organisation et de lutte comme le syndicat et la grève. Cela a pu être observé en Amérique latine dès le début de cette décennie et mais pas seulement ici. Les années 70 ont vu l’essor de cette tendance, qui aujourd’hui se trouve en déclin.


(1) Les références à Marx entre parenthèses correspondent aux trois livres du Capital dans la traduction établie sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre, Editions sociales, parue en 1993 aux PUF. Karl Marx, Le Capital, Livre I. Le procès de production du capital, Editions sociales, dans la traduction établie sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre. Livre II, Karl Marx, Le Capital, Livre II, Le procès de la circulation du capital (dans la traduction de Erna Cogniot, Cohen-Solal, Gilbert Badia). Karl Marx, Le Capital, Livre III, Le procès d’ensemble de la production capitaliste (dans la traduction de Cohen-Solal et Gilbert Badia).

(2) Nous reprenons ici le terme « travailleur global » qui est utilisé dans la traduction française du Capital. Le terme utilisé par l’auteur est celui de « obrero colectivo » que l’on pourrait également traduire par ouvrier collectif en français.

(3) Le mode de gestion de la production en flux tendus, « juste à temps ».

Source : Archive de Ruy Mauro Marini, 1993, Ruy Mauro Marini Escritos

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